La fin de l’enquête sur le meurtre d’Olof Palme


« Les Suédois espéraient des preuves concrètes et de nouvelles révélations sur l’assassinat du premier ministre, Olof Palme, en 1986. Les conclusions du parquet et l’identité du suspect mis en cause suscitent la déception.

Des témoignages contradictoires, un récit en décalage avec celui des témoins sur place et l’envie constante d’interférer dans l’enquête. Voilà les éléments qui ont conduit, mercredi 10 juin, le procureur Krister Petersson, chargé du dossier depuis 2017, à désigner Stig Engström comme le meurtrier présumé du premier ministre Olof Palme, tué en plein centre de Stockholm, le 28 février 1986.

Trente-quatre ans que les Suédois attendaient ce moment. Mais l’annonce a suscité un mélange de déception et de colère, accompagné du sentiment d’un immense gâchis. En février, le procureur avait laissé entendre qu’il pourrait présenter des preuves concrètes. Mercredi, il a admis que les éléments à charge contre le graphiste, âgé de 52 ans au moment des faits, « n’auraient pas suffi à le mettre en examen », mais qu’ils auraient permis de l’interpeller et de le placer en détention provisoire.

Ce ne sera pas possible. Stig Engström s’est suicidé en juin 2000. Né en 1934 en Inde, à Bombay, où son père travaillait comme ingénieur dans une usine, il est envoyé en Suède à 12 ans. Il se retrouve dans un pensionnat à Stockholm, le même qu’Olof Palme a fréquenté quelques années plus tôt. Stig Engström travaille dans l’armée, puis à la radio suédoise, avant d’être embauché par la compagnie d’assurances Skandia. »

« Chaque année, le 28 février, date anniversaire de l’assassinat, en 1986, du premier ministre suédois Olof Palme, la police ouvre un numéro vert pour recueillir d’éventuelles informations concernant le meurtre. Cette année n’a pas fait exception. Pendant trente-quatre ans, les enquêteurs n’ont jamais abandonné l’espoir de découvrir l’identité du ou des assassins du leader social-démocrate, dont il est dit, que le jour de sa mort, la Suède « perdit son innocence ».

En février dernier, le procureur général, Krister Petersson, en charge de l’enquête depuis 2017, avait promis une « résolution proche ». Mercredi 10 juin, lors d’une conférence de presse numérique, il a estimé qu’il n’était « plus possible d’avancer davantage » et que tout pointait vers la culpabilité de Stig Engström, baptisé « Skandiamannen » − « l’homme de Skandia », la compagnie d’assurances où il travaillait à quelques dizaines de mètres du lieu du crime.

Pour les Suédois, ce n’est pas complètement une surprise. Depuis le début de l’enquête, son nom revenait régulièrement. Graphiste de 52 ans, Stig Engström travaillait le soir du meurtre. Il est sorti de son bureau deux minutes avant l’assassinat d’Olof Palme, qu’il détestait. Interrogé par les policiers plus tard, il s’est régulièrement contredit. »

(Le Monde – Publié le 10 et 11 juin 2020)

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